Menu
Nouveau
Barème du CA, méthode de l'EBE, comparables et valeur patrimoniale : nos experts-comptables détaillent les approches de valorisation d'un fonds de commerce de restaurant et les fourchettes réellement observées sur le marché en 2026.

Céder son restaurant, c'est convertir des années d'exploitation, de coups de feu et d'investissements en un prix. Encore faut-il que ce prix soit défendable face à un acquéreur, à sa banque et, souvent, à l'administration fiscale. La valorisation d'un fonds de commerce de restaurant obéit à des méthodes croisées, à des barèmes sectoriels connus et à une lecture fine de la rentabilité réelle. Nos experts-comptables accompagnent chaque année plusieurs cessions dans le CHR : nous vous livrons ici les repères chiffrés, les méthodes et les points de vigilance qui font la différence entre une cession subie et une cession pilotée.
Avant même de parler méthode, il faut clarifier le périmètre. Un fonds de commerce de restaurant regroupe plusieurs éléments incorporels et corporels dont la valorisation individuelle influe directement sur le prix global et sur la fiscalité de l'opération.
Le droit au bail mérite une attention particulière. Dans les emplacements n° 1 des grandes métropoles, il peut représenter à lui seul 40 à 70 % de la valeur totale du fonds. À l'inverse, un bail précaire ou un loyer supérieur à 12 % du chiffre d'affaires HT décote fortement l'ensemble.
C'est la première approche utilisée par les agents immobiliers commerciaux et les acquéreurs pressés. Elle consiste à appliquer un pourcentage au chiffre d'affaires TTC des trois derniers exercices. Les barèmes publiés (Francis Lefebvre, ordre des experts-comptables, chambres de notaires) donnent des fourchettes indicatives qu'il faut manier avec prudence.
Ces fourchettes sont des points de départ. Un restaurant réalisant 800 K€ de CA TTC dans une rue passante d'une métropole avec un bail 3-6-9 récent et un EBE retraité de 22 % ne se valorise pas comme un établissement au même CA implanté en zone périurbaine avec un bail arrivant à échéance.
C'est la méthode que privilégient les repreneurs professionnels, les groupes de restauration et les banques finançant l'opération. Elle repose sur un multiple de l'Excédent Brut d'Exploitation retraité, indicateur de la rentabilité récurrente indépendante de la structure de financement et de la fiscalité.
Un EBE brut extrait de la liasse fiscale n'est jamais directement exploitable. Nos experts-comptables procèdent systématiquement aux retraitements suivants avant de discuter un multiple :
Une valorisation robuste s'appuie toujours sur des transactions comparables observées dans la même zone de chalandise et pour un format proche. Les bases notariales, les agences spécialisées CHR et les greffes des tribunaux de commerce permettent de reconstituer ces comparables. Notre cabinet croise ces données avec ses propres dossiers pour affiner la fourchette.
Le droit au bail se valorise séparément lorsque l'emplacement est stratégique. On le calcule par différence entre le loyer de marché et le loyer effectif, capitalisé sur la durée résiduelle du bail. Pour un local en pied d'immeuble parisien, la valeur du droit au bail peut atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros, indépendamment de la rentabilité de l'exploitation.
À CA et EBE identiques, deux restaurants peuvent se vendre à 30 % d'écart. Voici les critères qualitatifs que nos experts documentent systématiquement dans un mémorandum de cession :
La valorisation ne se pense jamais indépendamment du montage juridique et fiscal. Nos experts-comptables arbitrent avec le dirigeant entre deux voies principales.
La société vend le fonds. Le produit de cession dégage une plus-value imposée au niveau de la société (impôt sur les sociétés à 25 %, ou 15 % dans la limite du plafond de 42 500 € pour les PME éligibles). Les liquidités remontent ensuite au dirigeant, souvent via dividendes soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %. Des régimes d'exonération existent : article 238 quindecies du CGI pour les cessions de fonds jusqu'à 500 000 € (exonération totale) ou 1 000 000 € (exonération partielle), article 151 septies pour les entreprises individuelles.
Le dirigeant vend directement les parts ou actions de sa société. La plus-value est imposée au PFU de 30 % (ou au barème progressif sur option), avec potentiellement l'abattement pour départ à la retraite (500 000 € sous conditions, article 150-0 D ter). Cette voie est souvent privilégiée lorsque la société détient également l'immobilier ou lorsqu'un montage holding et apport-cession (article 150-0 B ter) permet un report d'imposition et un réemploi dans une nouvelle activité.
Le choix se joue au cas par cas, en fonction de l'ancienneté du dirigeant, de l'existence d'une holding, du sort des salariés (obligation d'information Hamon) et du profil de l'acquéreur. Nos experts modélisent systématiquement le net après impôt selon les deux scénarios avant d'orienter la stratégie.
Une cession réussie ne s'improvise pas dans les six derniers mois. Elle se prépare deux ans en amont par un pilotage ciblé de la rentabilité et par la fiabilisation des données comptables et sociales.
Nous invitons systématiquement les dirigeants à consulter notre analyse sur les signaux qui déclenchent un contrôle fiscal, car un fonds mis en vente attire mécaniquement l'attention de l'administration. La documentation des ratios sectoriels devient alors un atout de défense autant qu'un argument de vente.
La cession déclenche plusieurs obligations et risques que nos experts-comptables sécurisent en amont.
Le conseil de nos experts : n'annoncez jamais un prix avant d'avoir modélisé, sur trois scénarios, le net après impôt pour le cédant et le taux de retour sur investissement pour l'acquéreur. Un prix mal calibré fait fuir les repreneurs sérieux et attire des offres opportunistes.
Notre cabinet accompagne les restaurateurs et hôteliers-restaurateurs à chaque étape stratégique : diagnostic préalable de valorisation, retraitements EBE, préparation du dossier de cession, modélisation fiscale des scénarios, structuration éventuelle d'une holding de reprise, négociation avec les acquéreurs et leurs conseils, sécurisation de la garantie d'actif et de passif, coordination avec l'avocat rédacteur et le notaire. Nos experts-comptables sectoriels connaissent les ratios CHR, les logiques de repreneurs, les attentes des banques financeuses et les points d'attention des services de l'enregistrement. Cette double compétence, métier et technique, est ce qui permet d'atteindre la fourchette haute du marché sans exposer le dirigeant à un risque post-cession.
Nous conseillons de démarrer les échanges 18 à 24 mois avant la date de cession envisagée. Pour préparer votre projet et obtenir une valorisation argumentée, prenez rendez-vous avec l'un de nos experts-comptables sur la page contact du cabinet.
Cet article présente un cadre général à jour à la date de publication ; chaque situation requiert une analyse personnalisée par nos experts.
Information à caractère général, non constitutive d'un conseil personnalisé.