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Comptabilité & obligations
Contrôle URSSAF dans votre restaurant ? Travail dissimulé, tickets restaurant, heures non déclarées et stratégie de défense. Le guide sans détour pour restaurateurs.

Le contrôle URSSAF dans un restaurant, c'est souvent brutal. Pas d'avis préalable si l'URSSAF soupçonne du travail dissimulé. L'inspecteur débarque un mardi matin en plein service, demande vos registres, interroge votre personnel, compte les personnes présentes en cuisine.
La restauration est dans le viseur de l'URSSAF. Le secteur concentre une part importante des redressements pour travail dissimulé : extras non déclarés, heures supplémentaires oubliées, contrats de complaisance, tickets restaurant distribués à tout va. En 2023, l'URSSAF a récupéré près de 1,2 milliard d'euros lors de contrôles, avec un objectif de 5 milliards d'ici 2027. Les restaurants sont en première ligne.
La restauration cumule tous les facteurs qui attirent l'attention de l'URSSAF : flux de personnel important, recours fréquent aux extras et aux CDD courts, manipulation d'espèces, horaires décalés, pics d'activité difficiles à anticiper.
L'URSSAF connaît les pratiques du secteur : le coup de main non déclaré d'un ami pour le service du samedi soir, l'extra payé en espèces sans bulletin de paie, les heures supplémentaires qui disparaissent miraculeusement des relevés, le cuisinier "bénévole" pendant les vacances d'été.
Les statistiques parlent d'elles-mêmes : les contrôles URSSAF dans la restauration débouchent sur des redressements dans plus de 60% des cas. Les montants peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros pour un établissement de taille moyenne.
L'URSSAF dispose de deux modes opératoires selon la situation et la taille de votre établissement.
Pour les petits restaurants (moins de 10 salariés), le contrôle peut se faire sur pièces, c'est-à-dire sans visite sur place. L'URSSAF vous demande d'envoyer vos documents : bulletins de paie, contrats de travail, déclarations sociales, registres.
Ce type de contrôle est moins intrusif, mais tout aussi dangereux. L'inspecteur analyse tranquillement vos déclarations et détecte les incohérences : écarts entre les effectifs déclarés et les cotisations payées, heures supplémentaires suspectes, avantages en nature mal évalués.
Pour les restaurants de plus de 10 salariés (ou en cas de suspicion de travail dissimulé, quelle que soit la taille), l'URSSAF se déplace dans votre établissement.
L'inspecteur arrive, demande à consulter vos documents, interroge les salariés présents, compte les personnes en cuisine, vérifie les plannings affichés, compare avec les déclarations sociales.
Ce type de contrôle est beaucoup plus stressant, car il se déroule en direct, pendant votre activité, avec vos équipes sur place.
C'est le pire scénario. L'URSSAF débarque sans prévenir, souvent accompagnée de la police ou de l'inspection du travail.
Ce type de contrôle est réservé aux cas de suspicion de travail dissimulé : informations signalant des employés non déclarés, plainte d'un ancien salarié, recoupements avec d'autres services (fisc, préfecture).
L'inspecteur arrive pendant le service, demande les papiers de toutes les personnes présentes, vérifie qu'elles sont bien déclarées, interroge les salariés séparément.
Si l'URSSAF découvre une personne non déclarée en train de travailler, c'est terminé. Le redressement sera massif et les pénalités maximales.
Sauf en cas de suspicion de travail dissimulé, l'URSSAF vous envoie un avis de contrôle 15 à 30 jours avant la première visite.
Cet avis mentionne :
L'identité de l'inspecteur : nom, coordonnées, service rattaché.
La date de première intervention : jour et heure approximative de la visite.
La période contrôlée : généralement les 3 dernières années (5 ans en cas de travail dissimulé).
Les documents à préparer : bulletins de paie, contrats, registres, plannings, tickets restaurant, DSN.
Vos droits : possibilité de vous faire assister par un conseil (expert-comptable, avocat), accès à la Charte du cotisant contrôlé.
Si vous ne recevez pas d'avis et que l'URSSAF débarque quand même, c'est qu'elle soupçonne du travail dissimulé. Dans ce cas, la procédure est différente et beaucoup plus risquée.
L'inspecteur ne fouille pas au hasard. Il sait exactement où chercher dans un restaurant.
L'URSSAF compare les personnes physiquement présentes dans votre restaurant avec les déclarations sociales (DSN).
Chaque salarié présent doit être déclaré. Si l'inspecteur trouve une personne en cuisine ou en salle qui n'apparaît pas dans vos déclarations, c'est un cas de travail dissimulé caractérisé.
Même un "coup de main" occasionnel doit être déclaré. Même votre cousin qui vient dépanner un samedi soir doit avoir un contrat et un bulletin de paie.
L'inspecteur demande vos plannings, vos pointeuses (si vous en avez), vos tickets Z de caisse (qui indiquent les heures d'ouverture), vos relevés de carte bleue (qui prouvent l'activité).
Il reconstitue les heures réellement travaillées et les compare avec les heures déclarées sur les bulletins de paie.
Exemple concret : vos bulletins de paie indiquent 151,67 heures par mois (35h/semaine). Mais vos plannings montrent que vos serveurs travaillent systématiquement 45 heures par semaine. L'URSSAF va réclamer les cotisations sur les heures supplémentaires non déclarées.
Pire : si les écarts sont importants et systématiques, l'URSSAF peut requalifier cela en travail dissimulé (dissimulation d'heures) avec pénalités majorées.
Chaque salarié doit avoir un contrat de travail écrit et une DPAE (Déclaration Préalable À l'Embauche) envoyée à l'URSSAF avant le début du travail.
L'inspecteur vérifie que :
Un salarié sans DPAE, c'est du travail dissimulé. Même s'il a un contrat, même s'il est payé, même s'il cotise. La DPAE doit être envoyée AVANT le premier jour de travail.
C'est l'un des sujets les plus fréquemment redressés dans la restauration. Les tickets restaurant sont soumis à des règles strictes, et beaucoup de restaurants les violent sans s'en rendre compte.
Qui peut recevoir des tickets restaurant ?
Uniquement les salariés qui n'ont pas accès à un restaurant d'entreprise ou à un moyen de restauration collective sur leur lieu de travail.
Dans un restaurant, donner des tickets restaurant aux cuisiniers et aux serveurs, c'est problématique. Ils travaillent dans un lieu où la nourriture est disponible. Sauf si vous pouvez prouver qu'ils n'ont pas le droit de se servir ou qu'ils n'ont pas le temps de manger pendant leur service.
Contribution de l'employeur : maximum 60%
L'employeur peut financer entre 50% et 60% de la valeur du ticket. Au-delà de 60%, l'excédent est considéré comme un avantage en nature et doit être soumis à cotisations.
Exemple : vous donnez des tickets de 10 € et vous financez 7 € (70%). L'excédent de 1 € par ticket (au-delà des 6 € autorisés) doit être réintégré dans l'assiette des cotisations.
Si vous distribuez 20 tickets par mois à 10 salariés pendant 3 ans, l'URSSAF réclamera les cotisations sur 1 € × 20 × 10 × 36 mois = 7 200 €, plus les majorations.
Tickets donnés à des non-salariés
Donner des tickets restaurant au gérant non salarié, aux stagiaires non rémunérés ou aux prestataires externes, c'est interdit. L'URSSAF considérera cela comme un avantage indûment exonéré et réclamera les cotisations.
Un restaurant peut déduire les frais de repas d'affaires, mais l'URSSAF vérifie que ces repas sont bien professionnels et correctement justifiés.
Pour chaque repas déduit, vous devez pouvoir fournir :
Un repas d'affaires sans justification peut être requalifié en avantage en nature pour le dirigeant, avec rappel de cotisations.
Repas du personnel, logement de fonction, véhicule de société : tous ces avantages doivent être évalués et intégrés à l'assiette des cotisations sociales.
Repas du personnel : si vous nourrissez vos salariés gratuitement, c'est un avantage en nature. Il doit être évalué (soit au coût réel, soit au forfait de 5,35 € par repas en 2025) et intégré dans les bulletins de paie.
Si vous ne déclarez pas cet avantage, l'URSSAF le réintégrera et réclamera les cotisations.
Logement : si vous logez un salarié au-dessus du restaurant, c'est un avantage en nature. Il doit être évalué selon un barème légal et déclaré.
La restauration utilise massivement les extras : serveurs occasionnels, plongeurs pour un week-end, renforts en cuisine pendant les fêtes.
L'URSSAF vérifie que tous ces extras sont déclarés :
Un extra non déclaré, c'est du travail dissimulé. Les conséquences sont lourdes : rappel de cotisations sur 5 ans, pénalités de 25 à 80%, amende pénale de 45 000 €, voire fermeture administrative.
Contrairement au contrôle fiscal, l'URSSAF s'intéresse aux pourboires sous l'angle social.
Les pourboires doivent être :
Si les pourboires sont exonérés de cotisations (pour les salariés payés moins de 1,6 SMIC), ils doivent quand même être tracés et déclarés.
Si vous centralisez les pourboires (notamment ceux encaissés par carte bancaire) et que vous ne les reversez pas intégralement, c'est requalifiable en travail dissimulé.
Le jour J, l'inspecteur arrive à l'heure annoncée (ou sans prévenir en cas de contrôle inopiné).
L'inspecteur se présente, montre sa carte professionnelle, rappelle l'objet du contrôle et vos droits (notamment celui de vous faire assister par un conseil).
Il demande à accéder à vos locaux, à vos documents et à vos systèmes informatiques.
Vous ne pouvez pas refuser l'accès. Un refus de contrôle est une infraction pénale passible d'amende et aggrave considérablement les sanctions.
L'inspecteur demande à consulter :
Il peut prendre des copies (ou des photos) de ces documents. Il ne peut pas emporter les originaux sans votre accord explicite.
Si le contrôle a lieu pendant le service, l'inspecteur compte les personnes présentes et demande à voir leurs papiers d'identité.
Il vérifie que chaque personne présente correspond à un salarié déclaré. Il peut interroger les salariés séparément pour vérifier leurs horaires, leur rémunération, leurs conditions de travail.
Si une personne est présente sans être déclarée, c'est flagrant. L'inspecteur dresse un procès-verbal de travail dissimulé sur-le-champ.
L'inspecteur ne se contente pas de consulter vos déclarations. Il reconstitue la réalité à partir d'indices :
Ces recoupements permettent de détecter les anomalies même si vos déclarations semblent correctes sur le papier.
À l'issue du contrôle, l'inspecteur dresse un procès-verbal qui récapitule les documents consultés, les personnes interrogées, les constats effectués.
Vous signez ce PV (votre signature ne vaut pas reconnaissance des faits, elle atteste seulement que le contrôle a eu lieu). Vous pouvez ajouter des observations si vous n'êtes pas d'accord avec certains constats.
Conservez une copie de ce PV. Il sera utile si vous devez contester ultérieurement.
Quelques semaines après le contrôle, l'URSSAF vous envoie une lettre d'observations qui récapitule les résultats du contrôle et les redressements envisagés.
La lettre mentionne :
Cette lettre doit être motivée. L'URSSAF doit expliquer précisément ce qu'elle vous reproche et sur quelle base elle calcule les redressements.
Vous disposez de 30 jours pour répondre. Ce délai peut être porté à 60 jours sur simple demande (à envoyer avant l'expiration du délai initial).
Cette phase contradictoire est essentielle. C'est votre seule chance de contester avant la mise en demeure.
Contestez point par point : pour chaque redressement, exposez vos arguments. Produisez des preuves : contrats, DPAE, plannings, attestations de salariés, photos, factures.
Contestez les méthodes de calcul : si l'URSSAF a reconstitué vos effectifs ou vos heures sur la base d'hypothèses contestables, proposez votre propre reconstitution avec des éléments chiffrés.
Invoquez des vices de procédure : avis irrégulier, délai trop court, absence de motivation, violation de vos droits. Tout vice de procédure peut fragiliser le redressement.
Faites relire par un professionnel : un avocat spécialisé en droit social peut identifier les arguments juridiques pertinents et la jurisprudence applicable.
Si l'URSSAF maintient sa position après votre réponse, elle vous envoie une mise en demeure de payer. Les sanctions peuvent être très lourdes.
L'URSSAF réclame les cotisations sociales qui auraient dû être payées sur les salaires non déclarés ou sous-évalués.
Pour chaque euro de salaire dissimulé, comptez environ 40 à 50% de cotisations patronales + 20 à 25% de cotisations salariales (que vous devez payer même si elles sont normalement à la charge du salarié).
Exemple : vous avez employé un extra non déclaré pendant 3 ans, à raison de 10 heures par semaine à 12 €/heure. Salaire dissimulé : 10 × 52 × 3 × 12 = 18 720 €. Cotisations dues : environ 12 000 €.
Elles s'ajoutent aux rappels de cotisations :
Pour le travail dissimulé, la majoration de 80% est systématique. Dans notre exemple précédent : 12 000 € de cotisations + 9 600 € de majoration = 21 600 €.
En plus des rappels et majorations, l'URSSAF peut infliger des amendes administratives :
Ces amendes s'ajoutent aux rappels de cotisations. Elles ne sont pas déductibles fiscalement.
Le travail dissimulé est un délit pénal. L'URSSAF peut transmettre le dossier au procureur de la République.
Vous risquez :
Ces sanctions pénales sont indépendantes des sanctions administratives. Vous pouvez cumuler les deux.
En cas de travail dissimulé, l'URSSAF peut remonter sur 5 ans au lieu de 3. Le montant du redressement est alors considérablement alourdi.
Dans notre exemple de l'extra non déclaré, sur 5 ans au lieu de 3 : cotisations de 20 000 € + majoration de 80% = 36 000 €, plus les amendes.
Si le contrôle porte spécifiquement sur une suspicion de travail dissimulé, la situation est plus grave et nécessite une réaction immédiate.
Demandez à voir la carte professionnelle de l'inspecteur. Notez son identité, son service, l'heure d'arrivée.
En cas de contrôle inopiné, l'inspecteur peut être accompagné d'un officier de police judiciaire. Ne vous y opposez pas, mais constatez leur présence par écrit.
L'inspecteur va vous poser beaucoup de questions. Ne répondez pas dans la précipitation. Ne donnez pas d'informations non sollicitées. Ne cherchez pas à justifier ou expliquer sur-le-champ.
Répondez de manière factuelle et concise : "Je vais vérifier et vous donner la réponse par écrit" est une réponse acceptable.
Ne signez aucun document qui reconnaîtrait des faits de travail dissimulé. Si l'inspecteur vous demande de signer un PV contenant des affirmations que vous contestez, signez en ajoutant une réserve : "Lu et signé avec réserves, conteste les faits décrits".
Appelez un avocat spécialisé en droit social. Dès que possible. Même pendant le contrôle si vous en avez le droit (et vous en avez le droit).
L'avocat pourra être présent lors des interrogatoires, vérifier que l'URSSAF respecte la procédure, vous conseiller sur les réponses à donner.
L'inspecteur peut demander à s'entretenir avec vos salariés. Vous ne pouvez pas vous y opposer, mais vous pouvez (et devez) être présent lors de ces entretiens (ou votre avocat).
Les salariés, stressés, peuvent faire des déclarations qui vous seront reprochées : "On travaille souvent plus que ce qui est marqué sur nos fiches", "Parfois on commence avant l'heure prévue", etc.
Pendant la phase contradictoire, vous aurez besoin de prouver la régularité de vos pratiques :
Plus vous produisez de preuves documentées, plus vous avez de chances de faire annuler ou réduire le redressement.
Si vous n'êtes pas d'accord avec le redressement, plusieurs recours s'offrent à vous.
C'est le premier niveau de recours. Vous devez saisir la CRA dans les 2 mois suivant la notification de la mise en demeure.
La saisine de la CRA est gratuite et ne nécessite pas d'avocat (mais c'est fortement recommandé).
Envoyez un courrier recommandé avec AR à l'URSSAF (service CRA), exposez vos arguments, joignez les pièces justificatives.
La CRA a 2 mois pour répondre. Passé ce délai sans réponse, le recours est réputé rejeté.
Si la CRA rejette votre recours (ou ne répond pas), vous pouvez saisir le pôle social du tribunal judiciaire dans les 2 mois suivant la décision de la CRA.
La procédure est la même que pour un contrôle URSSAF classique : requête écrite, convocation à l'audience, jugement.
L'assistance d'un avocat est fortement recommandée, car les enjeux sont importants et la procédure technique.
Attention : les délais de recours sont impératifs. Si vous les dépassez, vous perdez votre droit de contester.
Notez les dates de réception des courriers et calculez précisément les échéances.
Certaines pratiques, courantes dans la restauration, sont particulièrement risquées.
Payer un extra en espèces sans contrat ni bulletin de paie, c'est du travail dissimulé. Même si vous êtes convaincu que "tout le monde fait ça", c'est illégal.
Si l'URSSAF découvre ces pratiques (témoignage d'un ancien salarié, recoupement bancaire, surveillance), le redressement sera massif.
Solution : déclarez tous vos extras, même pour une journée. Utilisez le TESE (Titre Emploi Service Entreprise) ou le CESU si vous recourez à des extras occasionnels, cela simplifie les formalités.
Vos salariés travaillent 45 heures par semaine mais vous ne déclarez que 35 heures pour limiter les cotisations. C'est tentant, mais c'est du travail dissimulé (dissimulation d'heures).
L'URSSAF le détecte facilement en comparant vos plannings, vos horaires d'ouverture et vos effectifs déclarés.
Solution : déclarez toutes les heures travaillées. Les heures supplémentaires bénéficient de réductions de cotisations (exonération de cotisations salariales dans la limite de 11,31% du salaire), c'est donc moins coûteux que vous ne le pensez.
Vous faites appel à un serveur ou un cuisinier "auto-entrepreneur" pour éviter les charges sociales. Mais il travaille exclusivement pour vous, selon vos horaires, avec votre matériel, sous votre autorité.
L'URSSAF peut requalifier ce contrat en contrat de travail et réclamer les cotisations sociales sur toutes les sommes versées.
Critères de requalification : lien de subordination, exclusivité, intégration dans l'organisation, absence de risque entrepreneurial.
Solution : si quelqu'un travaille sous votre autorité, avec des horaires imposés, dans vos locaux, c'est un salarié. Faites un contrat de travail.
Votre fils vient donner un coup de main en cuisine le week-end, votre belle-sœur fait quelques services en salle pendant les vacances. Vous ne les déclarez pas parce que "c'est de la famille".
Pour l'URSSAF, peu importe. Si quelqu'un travaille dans votre restaurant, il doit être déclaré. Même votre conjoint (sauf s'il a le statut de conjoint collaborateur), même vos enfants (sauf s'ils sont mineurs et dans le cadre de l'aide familiale).
Solution : déclarez tout le monde. Ou alors, ne faites intervenir personne qui ne soit pas déclaré.
Vous donnez des tickets restaurant à tous vos salariés pour les "fidéliser". Problème : vos salariés travaillent dans un restaurant, ils ont accès à la nourriture sur place.
L'URSSAF peut considérer que les tickets restaurant sont un avantage indu et réclamer les cotisations.
Solution : justifiez que vos salariés n'ont pas le temps de manger pendant leur service (service continu, pas de pause repas) ou qu'ils ne sont pas autorisés à consommer la nourriture du restaurant. Documentez cette politique par écrit.
Comme pour le contrôle fiscal, la préparation en amont fait toute la différence.
Déclarez tous vos salariés, tous les extras, toutes les heures. Ne prenez aucune liberté avec les déclarations sociales. Le jeu n'en vaut jamais la chandelle.
Envoyez les DPAE à temps : avant le début du travail, pas le jour même, pas après. Avant.
Éditez des bulletins de paie conformes : mentionnez toutes les heures, tous les avantages, toutes les primes. Utilisez un logiciel de paie conforme et à jour.
Tenez un registre du personnel : c'est obligatoire. Il doit mentionner tous les salariés, avec leur date d'embauche, leur qualification, leur contrat.
Établissez des plannings précis : qui travaille quand, combien d'heures. Affichez ces plannings et archivez-les.
Pointez les heures : si possible, installez une pointeuse (physique ou digitale). Les relevés de pointeuse sont des preuves solides en cas de contestation.
Payez toutes les heures travaillées : ne demandez jamais à un salarié de travailler gratuitement "pour rattraper" une pause ou "pour compenser" une erreur. Toute heure travaillée est une heure payée.
Vérifiez l'éligibilité : ne donnez des tickets qu'aux salariés qui y ont droit (ceux qui n'ont pas accès à un moyen de restauration sur place).
Respectez le plafond de 60% : si vous financez plus, l'excédent doit être soumis à cotisations.
Tenez un registre : listez les salariés bénéficiaires, le nombre de tickets distribués chaque mois, la valeur des tickets, la part employeur.
Conservez tous les documents pendant au moins 5 ans :
Organisez vos archives par année et par salarié. Un dossier bien rangé facilite les vérifications et rassure l'inspecteur.
Faites auditer votre paie et vos déclarations sociales par un expert-comptable spécialisé en restauration. Un audit tous les ans ou tous les deux ans permet de détecter les erreurs avant l'URSSAF.
Si l'audit révèle des anomalies, régularisez-les spontanément. La régularisation volontaire limite les pénalités (voire les supprime totalement).
Un contrôle URSSAF dans un restaurant, c'est sérieux. Très sérieux. Les enjeux financiers sont considérables, les sanctions pénales sont possibles, la fermeture administrative n'est pas exclue.
Si vos déclarations sociales sont rigoureuses, si tous vos salariés sont déclarés, si toutes les heures sont payées et cotisées, vous n'avez rien à craindre.
En revanche, si vous avez pris des libertés avec les déclarations (extras non déclarés, heures dissimulées, tickets restaurant distribués sans discernement), vous allez subir un redressement. Et il sera probablement très lourd.
L'URSSAF connaît parfaitement le secteur de la restauration. Elle dispose d'outils puissants pour détecter les anomalies. Elle n'hésite pas à transmettre les dossiers au procureur en cas de travail dissimulé caractérisé.
La meilleure stratégie : travailler proprement au quotidien, déclarer tous vos salariés sans exception, payer toutes les heures travaillées, respecter les règles sur les tickets restaurant, et se faire accompagner par un expert-comptable qui connaît les spécificités du secteur.
En cas de contrôle, ne paniquez pas. Rassemblez vos documents, faites-vous assister par un avocat spécialisé, et défendez vos positions avec des arguments solides et des preuves documentées.
HR Associés – Paris & Lyon Expertise comptable et commissariat aux comptes. Nous accompagnons nos clients sur les enjeux qui comptent vraiment.