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E-commerçants, marketplaces sellers, dropshippers : la DGFiP cible désormais vos flux TVA, vos stocks FBA et vos ventes intra-UE. Nos experts détaillent les points de contrôle sensibles et la stratégie de défense à activer dès l'avis de vérification.

Les vendeurs en ligne, marketplaces sellers et dropshippers figurent désormais en tête des priorités de la DGFiP. Croisement automatisé des données transmises par les plateformes (DAC 7), exploitation du guichet OSS, contrôle des stocks Amazon FBA disséminés dans plusieurs entrepôts européens : l'administration dispose d'une visibilité inédite sur vos flux. Un contrôle e-commerce ne ressemble plus à une vérification classique : il porte sur des données volumineuses, croisées et internationales, où la moindre incohérence de TVA se traduit par un redressement massif. Nos experts-comptables détaillent ici les zones de risque, les méthodes de reconstitution employées par le vérificateur et la stratégie de défense à déployer dès la réception de l'avis.
Depuis l'entrée en vigueur de la directive DAC 7 en janvier 2023, toutes les plateformes numériques (Amazon, eBay, Cdiscount, Etsy, Vinted, Rakuten, Shopify Payments, Stripe, Airbnb) doivent transmettre chaque année à l'administration fiscale l'identité de leurs vendeurs actifs, le nombre de transactions, le chiffre d'affaires réalisé et les commissions prélevées. Ces données alimentent directement le dispositif CFVR (Ciblage de la Fraude et Valorisation des Requêtes), qui croise via data mining les déclarations TVA, les liasses fiscales, les comptes bancaires professionnels et les flux plateformes.
Concrètement, un écart de quelques milliers d'euros entre le chiffre d'affaires déclaré par la marketplace et celui figurant sur la CA12 ou les CA3 déclenche automatiquement une alerte. À cela s'ajoute la facturation électronique, qui donnera à Bercy une visibilité quasi temps réel sur les flux B2B à compter de 2026-2027. Autant dire que l'ère du contrôle e-commerce opportuniste est terminée : les dossiers sont pré-instruits avant même l'envoi de l'avis de vérification.
Depuis le 1er juillet 2021, un vendeur français qui expédie vers des particuliers d'autres États membres bascule au régime du pays de destination dès que ses ventes B2C intra-UE dépassent 10 000 € HT par an, tous pays cumulés. Ce seuil est extrêmement bas : la plupart des e-commerçants le franchissent dès le premier trimestre d'activité. Deux options s'offrent alors : s'immatriculer à la TVA dans chaque pays de livraison, ou opter pour le guichet unique OSS (One-Stop-Shop). Nos experts constatent que la majorité des redressements portent sur des vendeurs qui ont continué à collecter la TVA française sur des ventes qui relevaient déjà de la TVA italienne, allemande ou espagnole.
C'est probablement le sujet le plus explosif. Un vendeur inscrit au programme Pan-European FBA autorise Amazon à déplacer sa marchandise entre entrepôts polonais, tchèques, allemands, italiens, espagnols ou français, au gré de la demande. Or, le simple fait de détenir un stock dans un pays crée un établissement stable TVA et une obligation d'immatriculation locale, avec dépôt de déclarations dans chaque juridiction. Un vendeur qui pense être couvert par l'OSS parce qu'il expédie depuis la France se retrouve, à l'occasion d'un contrôle, redressé pour n'avoir jamais déclaré ses ventes locales allemandes réalisées depuis un entrepôt de Leipzig.
Le dropshippeur qui fait expédier directement depuis la Chine vers le client final français est réputé, depuis la réforme IOSS du 1er juillet 2021, importer les biens en son nom lorsque la valeur intrinsèque n'excède pas 150 €. À défaut d'utilisation du guichet IOSS, la TVA d'importation doit être acquittée à l'entrée sur le territoire, et l'administration reconstitue systématiquement une TVA collectée éludée sur les ventes B2C réalisées.
Amazon Services Europe étant établie au Luxembourg, ses commissions font l'objet d'une autoliquidation par le vendeur français assujetti. L'omission de cette autoliquidation, très fréquente, ne génère pas de TVA nette à payer mais est régulièrement sanctionnée par une amende de 5 % (article 1788 A du CGI). Sur trois exercices, la note grimpe rapidement.
Lorsque le contrôle porte sur un e-commerçant, le vérificateur ne se contente jamais du FEC. Il demande, en application de l'article L. 47 A du LPF, les fichiers de transactions bruts exportés depuis chaque marketplace (Amazon Reports, Shopify orders, Stripe payouts). Il croise ensuite ces fichiers avec :
En cas d'incohérence significative, le vérificateur procède à un rejet de la comptabilité et reconstitue le chiffre d'affaires taxable pays par pays, en appliquant le taux local le plus élevé sur la base la moins favorable au contribuable. Les rappels de TVA peuvent alors être assortis d'une majoration de 40 % pour manquement délibéré (article 1729 du CGI), voire 80 % en cas de manœuvres frauduleuses lorsque le vendeur a sciemment masqué la localisation de ses stocks. Nos équipes rappellent que ces incohérences entre chiffre d'affaires et TVA collectée figurent parmi les principaux déclencheurs d'un contrôle.
L'avis de vérification (imprimé 3927) ouvre une période de préparation d'au minimum deux jours francs. Pour un e-commerçant, ce délai est notoirement insuffisant : nos experts recommandent de solliciter immédiatement un report de la première intervention, motivé par le volume des données à extraire des plateformes. Les actions à mener sans délai :
Le contrôle e-commerce se joue largement sur la maîtrise du débat oral et contradictoire, garantie fondamentale du contribuable vérifié. Chaque échange doit être documenté, chaque demande écrite du vérificateur doit recevoir une réponse écrite, et aucune donnée ne doit être remise sans avoir été préalablement retraitée et expliquée. Notre cabinet interpose systématiquement un mandat écrit qui redirige toute correspondance vers le conseil, ce qui évite au dirigeant de faire des déclarations spontanées lourdes de conséquences.
Un rapport FBA brut remis sans lecture juridique constitue quasi toujours une pièce à charge. Le même rapport, retraité, commenté et cadré par une note de synthèse, devient un élément à décharge.
La vérification sur place ne peut, sauf exceptions, excéder trois mois pour les entreprises dont le chiffre d'affaires n'excède pas les seuils du régime simplifié (article L. 52 du LPF). Un dépassement non justifié entache la procédure d'irrégularité.
À l'issue du contrôle, l'administration notifie une proposition de rectification qui doit être motivée en droit et en fait. Le contribuable dispose de 30 jours pour répondre, prorogeables de 30 jours sur demande écrite (article L. 57 du LPF). Cette réponse est déterminante : elle fixe le périmètre du débat pour toute la suite de la procédure, y compris devant le juge.
Nos experts structurent la réponse en trois blocs :
Si l'administration maintient tout ou partie des rectifications, plusieurs leviers restent activables :
La meilleure défense reste la préparation. Nos experts recommandent aux e-commerçants un audit de conformité TVA annuel couvrant :
L'examen de conformité fiscale (ECF), prévu par le décret du 13 janvier 2021, constitue un dispositif complémentaire précieux : un prestataire agréé atteste que dix points clés de la déclaration sont conformes, ce qui exonère de bonne foi le dirigeant en cas de rectification ultérieure sur ces points.
Notre cabinet accompagne quotidiennement des marketplaces sellers, pure players e-commerce et acteurs du dropshipping, tant en prévention qu'en situation de contrôle actif. Notre équipe combine expertise-comptable, commissariat aux comptes et fiscalité internationale pour construire une défense cohérente sur les trois temps du contrôle : sécurisation en amont via l'audit TVA multi-juridictionnel, pilotage du débat contradictoire pendant la vérification, contestation structurée et négociation transactionnelle après la proposition de rectification. Nous intervenons en co-mandat avec vos avocats fiscalistes pour les dossiers à enjeu contentieux ou pénal.
Si vous venez de recevoir un avis de vérification, une demande de FEC ou une proposition de rectification portant sur votre activité e-commerce, ne rédigez aucune réponse seul. Prenez rendez-vous avec nos experts dans les meilleurs délais : la fenêtre stratégique pour construire une défense efficace se joue dans les premières semaines de la procédure.
Cet article présente un cadre général à jour à la date de publication ; chaque situation requiert une analyse personnalisée par nos experts.
Information à caractère général, non constitutive d'un conseil personnalisé.